Communion avec Madagascar...
Dans linfo.re du 23 octobre 2017
Dans Madagascar Matin du 24 octobre 2017...
La population s’enfuit vers d’autres villes
Depuis hier (23 octobre 2017), les taxi-brousses reliant Moramanga à d’autres villes, notamment Ambatondrazaka, Toamasina, et Antananarivo ont connu une hausse remarquable du taux de fréquentation. En effet, beaucoup de personnes fuient cette localité pour éviter la peste. Pourtant, ces individus risquent déjà d’être contaminés et vont transmettre l’épidémie à leur destination.
Les risques semblent très graves puisque c’est une peste pulmonaire qui se transmet par les projections d’expectorations purulentes et microscopiques contenant le germe. Les explications scientifiques précisent que cette forme de peste reste très mortelle même avec un traitement d’antibiotique approprié.
De plus la pollution de l’air et la saleté qui s’installent dans presque toutes les régions de Madagascar constituent les conditions complètes pour la transmission rapide de cette épidémie.
Un expert au sein du ministère de la Santé explique que normalement, la peste devrait se faire rare en cette période sèche de l’année. En effet, cette épidémie se développe surtout durant la période chaude et humide c’est-à-dire entre novembre et mai.
Destruction de l’environnement
La peste est une maladie transmise par les rats. L’invasion de ce rongeur nuisible constitue la première cause des cas de cette épidémie. A Madagascar, la peste frappe surtout dans les zones rurales réputées pour leur insalubrité, ainsi que les quartiers pauvres de la capitale où les ordures s’entassent ce qui favorisent l’invasion des rats.
Depuis quelques années, les experts expliquent que la destruction de l’environnement contribue également à l’amplification de la peste. D’un coté, les feux de brousses qui se développent en cette période sèche obligent les rats à s’enfuir dans les villages. La destruction de la biodiversité entraine aussi un déséquilibre écologique et favorise le développement des rats puisque les animaux prédateurs naturels de ces rongeurs ne cessent de diminuer en nombre et n’arrivent plus à les éliminer.
Qu’est ce que la peste ?
La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia Pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent. Elle se transmet de l’animal à l’homme par les piqûres de puces infectées, par contact direct, par inhalation et, plus rarement, par ingestion de matières infectieuses.
Cette maladie peut être très grave chez l’homme, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement. En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès. Au cours de l’histoire, la peste a été responsable de pandémies étendues avec une forte mortalité. On l’a connue au XIVe siècle sous le nom de peste noire ou de « mort noire » et elle a alors provoqué 50 millions de morts selon les estimations, dont environ une moitié en Asie et en Afrique et l’autre moitié en Europe, où un quart de la population a succombé.
Signes et symptômes
Les personnes infectées développent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours. Les symptômes typiques sont une fièvre d’apparition brutale, des céphalées, des douleurs corporelles, un état de faiblesse, des vomissements et des nausées.
Selon la voie d’infection, il y a trois formes de peste : peste bubonique, septicémique et pulmonaire.
• La peste bubonique (la « mort noire » ou peste noire dans l’Europe médiévale) est la forme la plus courante, provoquée par la piqûre d’une puce infectée. Le bacille, Y. Pestis, est alors injecté dans l’organisme et parvient par le système lymphatique jusqu’au ganglion le plus proche où il se réplique. Il en résulte une inflammation du ganglion et une tension douloureuse des tissus; c’est ce que l’on appelle le «bubon». Aux stades avancés, les ganglions enflammés finissent par s’ulcérer et suppurer.
• La peste septicémique se produit quand l’infection se propage directement dans la circulation sanguine sans former de «bubon». Elle peut résulter de piqûres de puces ou du contact direct avec des matières infectieuses à travers des lésions cutanées. Les stades avancés de la peste bubonique aboutissent aussi à la propagation directe de Y. Pestis dans le sang.
• La peste pulmonaire est la forme la plus virulente et la moins courante. En règle générale, elle résulte de la propagation aux poumons d’une peste bubonique à un stade avancé. Toutefois, une personne souffrant de peste pulmonaire secondaire peut produire des aérosols contenant des gouttelettes infectieuses susceptibles de transmettre la maladie à autrui. En l’absence de traitement, cette forme a un taux de létalité très élevé.
Principaux faits sur la peste selon l’Oms
• La peste peut être une maladie très grave chez l’être humain, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement.
• On l’a connue sous le nom de peste noire ou de « mort noire» pendant le XIVe siècle, au cours duquel elle a provoqué 50 millions de morts selon les estimations.
• La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia Pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent.
• Les personnes infectées développent des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours.
• Selon la voie d’infection, on observe trois formes de peste: la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante.
• Il y a eu des épidémies de peste en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais, depuis les années 1990, la plupart des cas humains se sont produits en Afrique.
• En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès.
• Les trois principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.
Sur RFI, le 19 octobre 2017...




