De Dieu, sœur Laëtitia ne connaissait rien étant enfant. Une enfance qu'elle passe en Martinique. Elle n'a entendu parler de Jésus que tardivement, par sa grand-mère paternelle. Pour lui faire plaisir, et pour "entrer dans le moule", car cela lui posait problème d'être la seule non-chrétienne parmi ses amies, elle se fait baptiser à 12 ans.
Malheureusement, le décès de sa grand-mère et le divorce de ses parents la plongent dans une phase de révolte : pour Laëtitia, il y a tant de souffrance sur terre que Dieu ne peut exister. C'est pour elle le début d'un athéisme militant. L'adolescente proclame partout qu'elle est athée et se donne pour mission de sauver les croyants et de les "réveiller", quitte à les harceler, car pour elle, croire, c'est pour les faibles.
Des années plus tard, au cours de ses études de droit, elle rencontre Valérie, qui devient sa meilleure amie.
Un jour où j'allais mal, j'ai appelé Valérie qui m'a répondu : “C'est dommage que tu ne croies pas en Dieu, tu aurais pu prier, ça t'aurait soulagée”.
Ce soir-là, je me suis posé beaucoup de questions sur le sens de la vie, sur son utilité, et sur les raisons de ma présence sur terre. J'étais à un carrefour et j'avais besoin de prendre une direction.
Le lendemain, en attendant son amie, elle est abordée par une femme. Elle m'a répété une à une chacune des questions que je m'étais posé la veille. J'étais choquée. Elle avait une Bible en main, et m'a affirmé que toutes les réponses à mes questions se trouvaient là, puis elle est partie.
Touchée, la jeune femme réalise que Dieu existe bien, qu'il l'entend, et surtout, qu'Il lui répond !
Ses premiers pas dans la foi, Laëtitia les fait dans la famille de sa meilleure amie qui se réunit régulièrement pour prier. Avec elle, elle parle de ce que le Seigneur fait dans sa vie, témoigne et écoute des enseignements.
Le jour où Laëtitia décide de se confesser, elle réalise qu'elle n'a rien à faire pour que Dieu l'aime. C'est le déblocage pour la jeune femme qui ressent le besoin de se mettre au service du Seigneur.
À 27 ans, elle devient catéchiste pour les enfants qui se préparent à la confirmation. Elle sent toutefois que Dieu l'interpelle, car elle-même n'est pas confirmée.
Elle chemine donc avec le catéchuménat quand elle rencontre la Communauté du Chemin Neuf.
Séduite, elle décide de partir pour une mission humanitaire au Brésil afin d'œuvrer dans les favelas. Une ombre se dessine malheureusement au tableau : elle ne pourra être confirmée avant son départ. Elle s'envole malgré tout pour la métropole où elle se prépare à sa mission brésilienne pendant trois mois.
On a fait une retraite en silence, avec les Exercices de Saint Ignace. Pendant l'adoration, alors que je méditais sur le texte de l’Annonciation, j'ai entendu le Seigneur parler dans mon cœur. Il m'a dit : “Je t'ai choisie, laisse-toi faire, laisse-moi faire ”.
J'ai ressenti une joie, une paix, quelque chose d'extraordinaire et de fort. Après ce temps d'adoration, il y avait une vidéo sur les Sœurs missionnaires de la Charité : mère Teresa tenait par la main une sœur qui allait prononcer ses vœux et disait : «Celle qui est choisie par Dieu le sait, elle l 'entend dans son cœur››.
À partir de ce moment, j'ai su que tout ce que je voulais, c'était faire la volonté de Dieu.
C'est au Brésil, au contact des pauvres, qu'elle reçoit le sacrement de confirmation.
De retour en Martinique, elle découvre la vie d'Anne-Marie Javouhey, fondatrice des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Elle est marquée par sa spiritualité et sa devise : “Faire la sainte volonté de Dieu”.
Laëtitia comprend qu'elle est appelée à la vie religieuse..
Elle a prononcé ses vœux au sein de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, le 15 octobre 2011.