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Sourions...

31 Octobre 2017, 18:42pm

Publié par cluny.re

Voici une conversation animée... avec Sr Aliette...

Sourions...

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Une belle rencontre des Associés de la Réunion...

31 Octobre 2017, 17:44pm

Publié par cluny.re

Dans le réfectoire de l'Ecole mis à la disposition de nos invités, intervention de Sr Marie-Suzel... 

Fin octobre, dans le sud de l'île, rencontre des Associés de la Réunion...

Jacqueline témoigne :

... Nous étions 41 des secteurs de St Pierre, Cilaos, St Louis, St Paul, St Denis et St André.
Journée dense et fructueuse, qui a commencé par une très belle prière préparée par Natacha et son mari, toujours nourris par les bonnes paroles de Soeur Suzel sur la Sainteté en référence aux textes sacrés, à notre Mère l'Eglise (extraits des textes de Vatican II) et bien sûr à AMJ, tout cela en lien avec la fête de la Toussaint. De quoi recharger les batteries pour les semaines à venir !

 

Fin octobre, dans le sud de l'île, rencontre des Associés de la Réunion...

Avant la détente autour d'un repas partage, admirons l'attention très soutenue de nos amis !

Fin octobre, dans le sud de l'île, rencontre des Associés de la Réunion...

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Communion avec Madagascar...

19 Octobre 2017, 17:41pm

Publié par cluny.re

Dans linfo.re du 23 octobre 2017

 

 

La peste à Madagascar...

Dans Madagascar Matin du 24 octobre 2017...

La population s’enfuit vers d’autres villes

Depuis hier (23 octobre 2017), les taxi-brousses reliant Moramanga à d’autres villes, notamment Ambatondrazaka, Toamasina, et Antananarivo ont connu une hausse remarquable du taux de fréquentation. En effet, beaucoup de personnes fuient cette localité pour éviter la peste. Pourtant, ces individus risquent déjà d’être contaminés et vont transmettre l’épidémie à leur destination.

Les risques semblent très graves puisque c’est une peste pulmonaire qui se transmet par les projections d’expectorations purulentes et microscopiques contenant le germe. Les explications scientifiques précisent que cette forme de peste reste très mortelle même avec un traitement d’antibiotique approprié.

De plus la pollution de l’air et la saleté qui s’installent dans presque toutes les régions de Madagascar constituent les conditions complètes pour la transmission rapide de cette épidémie.

Un expert au sein du ministère de la Santé explique que normalement, la peste devrait se faire rare en cette période sèche de l’année. En effet, cette épidémie se développe surtout durant la période chaude et humide c’est-à-dire entre novembre et mai.

 

La peste à Madagascar...

 

Destruction de l’environnement

La peste est une maladie transmise par les rats. L’invasion de ce rongeur nuisible constitue la première cause des cas de cette épidémie. A Madagascar, la peste frappe surtout dans les zones rurales réputées pour leur insalubrité, ainsi que les quartiers pauvres de la capitale où les ordures s’entassent ce qui favorisent l’invasion des rats.

Depuis quelques années, les experts expliquent que la destruction de l’environnement contribue également à l’amplification de la peste. D’un coté, les feux de brousses qui se développent en cette période sèche obligent les rats à s’enfuir dans les villages. La destruction de la biodiversité entraine aussi un déséquilibre écologique et favorise le développement des rats puisque les animaux prédateurs naturels de ces rongeurs ne cessent de diminuer en nombre et n’arrivent plus à les éliminer.

 

Qu’est ce que la peste ?

La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia Pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent. Elle se transmet de l’animal à l’homme par les piqûres de puces infectées, par contact direct, par inhalation et, plus rarement, par ingestion de matières infectieuses.

La peste à Madagascar...

 

Cette maladie peut être très grave chez l’homme, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement. En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès. Au cours de l’histoire, la peste a été responsable de pandémies étendues avec une forte mortalité. On l’a connue au XIVe siècle sous le nom de peste noire ou de « mort noire » et elle a alors provoqué 50 millions de morts selon les estimations, dont environ une moitié en Asie et en Afrique et l’autre moitié en Europe, où un quart de la population a succombé.

 

Signes et symptômes

Les personnes infectées développent en général des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours. Les symptômes typiques sont une fièvre d’apparition brutale, des céphalées, des douleurs corporelles, un état de faiblesse, des vomissements et des nausées.

Selon la voie d’infection, il y a trois formes de peste : peste bubonique, septicémique et pulmonaire.

• La peste bubonique (la « mort noire » ou peste noire dans l’Europe médiévale) est la forme la plus courante, provoquée par la piqûre d’une puce infectée. Le bacille, Y. Pestis, est alors injecté dans l’organisme et parvient par le système lymphatique jusqu’au ganglion le plus proche où il se réplique. Il en résulte une inflammation du ganglion et une tension douloureuse des tissus; c’est ce que l’on appelle le «bubon». Aux stades avancés, les ganglions enflammés finissent par s’ulcérer et suppurer.

• La peste septicémique se produit quand l’infection se propage directement dans la circulation sanguine sans former de «bubon». Elle peut résulter de piqûres de puces ou du contact direct avec des matières infectieuses à travers des lésions cutanées. Les stades avancés de la peste bubonique aboutissent aussi à la propagation directe de Y. Pestis dans le sang.

• La peste pulmonaire est la forme la plus virulente et la moins courante. En règle générale, elle résulte de la propagation aux poumons d’une peste bubonique à un stade avancé. Toutefois, une personne souffrant de peste pulmonaire secondaire peut produire des aérosols contenant des gouttelettes infectieuses susceptibles de transmettre la maladie à autrui. En l’absence de traitement, cette forme a un taux de létalité très élevé.

 

La peste à Madagascar...

 

Principaux faits  sur la peste selon l’Oms

• La peste peut être une maladie très grave chez l’être humain, avec un taux de létalité de 30 à 60% en l’absence de traitement.

• On l’a connue sous le nom de peste noire ou de « mort noire» pendant le XIVe siècle, au cours duquel elle a provoqué 50 millions de morts selon les estimations.

• La peste est une zoonose bactérienne, due à Yersinia Pestis qui infecte habituellement les petits animaux et les puces qui les parasitent.

• Les personnes infectées développent des symptômes de type grippal après une période d’incubation de trois à sept jours.

• Selon la voie d’infection, on observe trois formes de peste: la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante.

• Il y a eu des épidémies de peste en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud mais, depuis les années 1990, la plupart des cas humains se sont produits en Afrique.

• En 2013, on a enregistré 783 cas dans le monde, avec 126 décès.

• Les trois principaux pays d’endémie sont Madagascar, la République démocratique du Congo et le Pérou.

 

 

Sur RFI, le 19 octobre 2017... 

Madagascar : lutte contre la peste (RFI)

 

 

 sur Radio Vatican, le 12 octobre 2017

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Un double bicentenaire...

14 Septembre 2017, 15:21pm

Publié par cluny.re

Relevé dans "Eglise à la Réunion"

La messe de rentrée de l’enseignement catholique à la Réunion, qui s’est déroulée cette année à l’église du Chaudron, le 9 septembre 2017, a pris une dimension particulière, avec la célébration du bicentenaire de l’arrivée des religieuses de Saint-Joseph de Cluny et des Frères des Écoles Chrétiennes dans l’île.

Pour l’occasion, Sœur Carmen Moranville, assistante générale des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, et vice présidente de l’Alliance des Directeurs et Directrices de l’Enseignement Chrétien, et le Frère Jean Paul Aleth, provincial des Frères des écoles chrétiennes ont fait le déplacement.

Dans son homélie, Mgr Gilbert Aubry est revenu longuement sur l’histoire de ces deux congrégations à la Réunion, précisant que « Même si les temps ont changé... l’œuvre entreprise continue, d’une autre manière, par l’exercice de la tutelle sur les écoles, collèges et lycées.

Les laïcs ont pris une place plus grande dans l’animation et la gestion des établissements... Vos charismes sont différents et complémentaires pour l’éducation des enfants et des jeunes qui proviennent d’une même population.

Comme à chaque époque, il est nécessaire d’actualiser l’exercice du charisme pour coller aux évolutions de la société et continuer à donner du sens, pour que nous ne perdions pas notre âme et qu’avec votre apport et une solidarité diocésaine, l’Enseignement catholique soit vitalisé par des orientations où l’unité se construit dans la diversité de nos charismes.

Ce que votre fondatrice, Anne-Marie Javouhey et votre fondateur, Jean-Baptiste de la Salle ont osé à l’époque, il faut l’oser aujourd’hui. »

(Sonia Delecourt)

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Jubilés aux Brises...

2 Septembre 2017, 20:27pm

Publié par cluny.re

Le 2 septembre 2017 nous entourons nos Soeurs Denise et Marie de Lourdes qui célèbrent leurs jubilés (65 et 70 ans de vie religieuse donnée au Seigneur et à tous...)

Dans la belle chapelle des Brises (à la Montagne), au cours de la Messe présidée par le Père Elvis Elengabeka, les Soeurs, familles et amis unissent leurs voix et leur prière, soutenus merveilleusement par Marie, au violon, et Jimmy à l'orgue électronique.

Le pot d'amitié suivi d'un repas de famille clôturent heureusement ce temps fort d'action de grâce...

 

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15 juillet 2017 à la cathédrale de St Denis (Réunion)

19 Juillet 2017, 17:37pm

Publié par cluny.re

15 juillet... célébration du bicentenaire et fête familiale où nous célébrons notre Mère fondatrice, Bienheureuse Anne-Marie Javouhey.

C'est en ce jour que l'Eglise de la Réunion rassemble Sœurs, associés et amis pour célébrer le bicentenaire de la Congrégation en cette île.

Nous en trouvons un écho sur le site même de l'Eglise à la Réunion.

15 juillet 2017 à la cathédrale de St Denis (Réunion)

Avant de développer, dans un diaporama à venir, le vécu de cette belle journée, voici l'homélie de Mgr Aubry dans laquelle il nous fait mieux connaître Anne-Marie Javouhey et parcourir cette page d'histoire...

15 juillet 2017 à la cathédrale de St Denis (Réunion)

Bicentenaire de la fondation

de la Congrégation de Saint Joseph de Cluny

dans le diocèse de La Réunion 

1817 – 2017

 Homélie de Mgr Gilbert AUBRY

Le 15 juillet 2017 à la Cathédrale de Saint-Denis

  ANNE-MARIE  JAVOUHEY

STRATEGE  DU  DEVELOPPEMENT  MISSIONNAIRE

 « La lumière se lèvera dans les ténèbres »  Isaïe 58, 6 à 10

 « Votre Père céleste sait … »  Mt 6, 25

Nous voici donc réunis pour ce jubilé des 200 ans de présence apostolique des religieuses de la Congrégation de Saint Joseph de Cluny à La Réunion. Jetons un regard sur la naissance d’Anne-Marie Javouhey dans un contexte historique difficile. En effet, nous ne pouvons pas comprendre le développement de la Congrégation sinon dans la spiritualité de sa fondatrice. 

LES  JEUNES  ET  LES  PAUVRES 

Anne-Marie Javouhey est née en 1779 dans une famille très chrétienne. L’on s’aime bien. Tout le monde participe aux travaux des champs et l’on prie en famille. Anne-Marie est l’aînée des quatre filles. Surnommée Nanette, elle est une fille très enjouée. Elle aime plaire et s’amuser. Quand arrivent les vendanges et la fête, il y a les danses et les farandoles de leur Bourgogne. Les victuailles ne manquent pas et le vin coule à flots. Elle n’est pas rabat-joie mais plutôt boute-en-train. A quinze ans, la vie est belle dans cette osmose entre la foi, la vie de famille, les amitiés, les travaux des champs et l’Eglise. 

1790, la Révolution Française éclate. 1793… La Terreur se développe partout en France. C’est le cas de dire, il s’agit vraiment d’une terreur qui divise les familles. Les voisins s’épient, se dénoncent, tout le monde se méfie de tout le monde et la guillotine est là pour certains. L’Eglise est divisée. La famille Javouhey accueille des prêtres réfractaires qui célèbrent la messe en cachette dans leur maison. Le climat de prière est intense et c’est dans cette atmosphère générale que Nanette reçoit un appel intérieur à la vie religieuse. Elle a dix-sept ans. Déjà, elle regroupe des enfants pour leur apprendre à lire et à prier. A dix-huit ans, devant sa famille, elle déclare publiquement son intention de consacrer sa vie à Dieu dans le service des jeunes et des pauvres. Nous voyons là l’élan et la naissance d’une vocation religieuse. 

Le papa Javouhey, qui est maire de la commune de Chamblanc, n’adhère pas à l’orientation que veut prendre sa fille aînée qui, en plus, entraîne ses trois autres sœurs à sa suite. Le père de famille avait d’autres projets pour sa fille aînée qui était considérée comme un bon parti pour fonder une famille. Anne-Marie va alors écrire à son père « Je ne puis vous dire la peine que j’éprouve en voyant la manière dont vous prenez les choses à mon égard. Vous ne doutez pas que je me sois donnée à Dieu sans partage. Je dois donc faire sa volonté en toutes choses sans tenir compte de mes inclinations. Quoi, pour vouloir faire la volonté de Dieu, vous avez cessé d’être mon père ? Ah, votre cœur est trop bon pour agir de la sorte ; et j’espère que vous ne cesserez pas d’aimer une enfant qui vous aime » (cité par René Berthier). 

 Cette lettre rayonne les trois vertus théologales qui constituent la charpente de vie de tout chrétien. La foi, l’espérance et la charité. La charité, c’est-à-dire l’amour qui vient de Dieu et qui retourne à Dieu avec le rayonnement d’amour qui a été engendré dans notre vie. Je reprends donc les mots d’Anne-Marie Javouhey : « Vous ne doutez pas… J’espère que… Vous ne cesserez pas d’aimer ». Quel caractère. Quelle force d’âme. Quelle assurance dans l’œuvre à accomplir… A accomplir une œuvre pour Dieu ? Non. Ce n’est pas de cela dont il s’agit. Pour Nanette, il s’agit d’accomplir « l’œuvre de Dieu » en faisant non pas sa volonté à elle mais, avec assurance, accomplir la « volonté de Dieu », Dieu Notre Père, Père de tous les Humains, Père de son père Balthazar. 

Les paroles de la lettre d’Anne-Marie interpellent son père. Mais c’est finalement la paternité de Dieu qui interpelle la paternité humaine de Balthazar : il est alors appelé à collaborer à la mission de sa fille pour manifester la bonté infinie du Père des cieux pour tous les hommes. Anne-Marie prend son père par le cœur, un cœur qui « est trop bon ». Aujourd’hui, les jeunes diraient, c’est vraiment trop ! Comme le père Balthazar ne refusera rien à ses enfants et surtout à Nanette qui était sa préférée, combien plus le Père des cieux ne refusera rien à ses enfants de la terre, à ses quatre filles quelque peu aventureuses et qui se lancent avec courage dans une grande entreprise apostolique. 

La petite Nanette a grandi. Elle a cherché sa vocation. Elle a tâtonné sur la manière de répondre à sa vocation religieuse. En effet, en 1800, elle est à Besançon. En 1803, elle est à la Trappe de la Valsainte. En 1805, elle a une entrevue providentielle avec le Pape Pie VII de passage à Châlons-sur-Saône. Mais à travers divers méandres, elle n’a jamais douté de « la volonté de Dieu ». Elle connaît le chemin à prendre parce qu’elle s’engage fermement à la suite du Christ qui dit au sujet de lui-même « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne va au Père que par moi » (Jn 14,6). 

 

Alors, le chemin est sûr pour Anne-Marie et ses trois autres sœurs puisque Jésus lui-même s’exprime en ces termes : « Ne vous faites donc pas tant de soucis, ne dites pas : qu’allons-nous manger ? Ou bien qu’allons-nous faire ? Ou encore : avec quoi nous habiller ? Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (Mt 6, 33-34).  1807 : la Congrégation est officiellement reconnue. Cela fait deux-cent-dix ans cette année. 1817 : la première fondation missionnaire s’implante à Bourbon - La Réunion. Cela fait deux-cents ans.

 FONDATION  A  LA  REUNION

A Bourbon – La Réunion, la première communauté s’installe finalement au bout de l’Etang à Saint-Paul. Une petite école de filles s’ouvre. Anne-Marie Javouhey souhaite venir elle-même à La Réunion. En janvier 1818, elle écrit à sœur Marie-Joseph Varin, première Supérieure à Bourbon : « Je ne vis plus, je meurs du désir d’aller près de vous. J’ai la maladie du pays, l’humeur noire s’est emparée de moi. (…) Elevez bien vos enfants, que les parents soient contents ; aimez-les, elles vous aimeront et vous en ferez ce que vous voudrez. » L’humeur noire, qu’est-ce à dire ? Anne-Marie porte dans son cœur la cause de la libération des esclaves. Elle ne peut pas supporter cette abomination. Son amour du Christ, son amour du Père de tous les Humains engendre en elle un élan irrésistible pour travailler à la libération des Noirs par l’abolition de l’esclavage. Il est à noter qu’à la même date, les Frères des Ecoles Chrétiennes arrivés eux aussi en 1817 à La Réunion s’attachent à promouvoir l’éducation des garçons.

 Anne-Marie est d’autant plus attachée à la mission de La Réunion qu’elle avait eu au début de sa vie religieuse une sorte de vision où elle était entourée d’enfants aux visages variés, avec beaucoup de noirs. Elle n’avait jamais vu de noirs… et avait osé poser la question de l’existence des noirs à une autre sœur. Celle-ci lui avait répondu qu’il en existait au-delà des mers et que c’était bien loin. L’appel du grand large fait son effet sur Anne-Marie et le grand large n’est pas réservé qu’à La Réunion. La Congrégation débutante va rayonner dans plusieurs parties du monde. Anne-Marie Javouhey et ses sœurs mettent au point une pédagogie d’éducation qui fait appel à la liberté pour tous et à la responsabilité à partir d’une méthode participative où les talents sont repérés et valorisés. Les élèves les plus forts aident les plus faibles. La pédagogie se fait active. Le développement des locaux à construire fait appel, évidemment, à la générosité du papa Balthazar qui ronchonne toujours un peu mais met la main à la poche. Et il y a aussi des mécènes.

 Mais « la mère fondatrice » fait surtout appel au sens politique des hommes qui portent la responsabilité de la chose publique. Le gros morceau du début sera l’achat du monastère de Cluny pour des besoins de plus en plus grands. Anne-Marie a donc une pédagogie des relations publiques qui lui ouvre les portes de l’action. Mettre l’amour partout, mettre les talents et les compétences en face des besoins, mettre les gens en face de leurs responsabilités. Prier, analyser, décider, avancer en ne perdant surtout pas l’intuition du départ. Cette intuition va déclencher l’action et soutenir l’aventure par l’engagement patient et persévérant. Nous pourrions dire qu’elle est un stratège du développement de la mission à partir de la lecture des signes des temps. L’Esprit Saint est à l’œuvre pour construire un monde de fraternité dans un espace de plus en plus planétaire.

 

L’ABOLITION  DE  L’ESCLAVAGE

 

De 1822 à 1824, elle séjourne au Sénégal. De 1827 à 1833, on la trouve en Guyane. Mana devient un lieu prophétique, un village chrétien, une grande famille. En 1836, au chapitre général des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, elle est réélue supérieure. Un conflit éclate avec l’évêque d’Autun qui veut s’approprier la Congrégation. Elle signe sa soumission mais tient bon sur sa responsabilité de supérieure et fait prier pour l’évêque ; la Congrégation restera finalement indépendante. De 1837 à 1843, elle réalise un second séjour en Guyane et c’est à Mana en 1838 que se réalise la première libération collective d’un groupe important d’esclaves sur le territoire français.

 

L’amour et la liberté de l’Evangile précédent les décisions politiques et la loi. Il n’y a pas de calcul politicien de la part d’Anne-Marie Javouhey. Elle fait l’expérience avec ses sœurs de la fécondité de la Parole de Dieu quand cette Parole est méditée et vécue comme le sel de la terre et la lumière du monde. Le prophète Isaïe avait déjà proclamé « La justice marchera devant toi et la gloire du Seigneur t’accompagnera. Si tu appelles, le Seigneur répondra, si tu cries, il dira ‘me voici’. Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim et si tu combles les désirs du malheureux, la lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi » (cf. Is 58, 8-10). 

 

Le Gouvernement de Louis-Philippe en France cherche à abolir l’esclavage. Les expériences dans l’Outre-mer français se recoupent et se rejoignent : Anne-Marie Javouhey, Alexandre Monnet, Frédéric Levavasseur, Victor Schœlcher. La Providence est à l’œuvre. Louis-Philippe abdique avec la Révolution de 1848. Dans ce combat pour la dignité humaine, les idées déjà avancées ne reculent pas. Nous passons alors de l’émancipation des esclaves à la proclamation de l’abolition de l’esclavage en 1848. La « fraternité » vient finaliser les idéaux de liberté et d’égalité dans la devise de la République Française. Jusqu’en 1848, l’idéal de la fraternité ne s’y trouve pas. Cependant, que de travail reste à faire pour réaliser vraiment la fraternité. Mais les bases sont là. Un tournant est pris. Un beau tournant est pris à l’île de La Réunion.

 

Anne-Marie meurt en 1851. Elle a donc connu la proclamation de l’abolition de l’esclavage. Elle-même peut alors jouir de la pleine liberté des enfants de Dieu dans cette plénitude d’amour qui l’avait toujours guidée et soutenue tout au long de sa vie. Dès sa mort, sa renommée de sainteté s’est répandue sur toute la planète. En 1950, le Pape Pie XII la béatifie à Rome.

 

Nous pouvons nous demander sur quels critères Anne-Marie Javouhey se base pour parvenir avec certitude à comprendre quelle est « la volonté de Dieu » ? Dans un ouvrage qui vient de paraître « Une route de sainteté dans l’Eglise », Sœur Suzel Gerard, religieuse de Cluny, repère tout au long des écrits d’Anne-Marie Javouhey quatre critères :

 

-       Le premier critère, c’est la règle (Les constitutions) : une règle déjà approuvée et qu’un évêque même ne peut détruire « C’est ma boussole, ma sûreté, elle doit être celle de toutes les sœurs de Saint Joseph ».

-       Le second critère que l’ardente missionnaire offre à l’intelligence, c’est « le bien et la prospérité de l’œuvre confiée par Dieu. Ne pas nuire à l’œuvre. Et pour faire une bonne œuvre, faire confiance à Dieu qui n’en détruira pas une autre ».

-       Le troisième critère, c’est « le discernement de la volonté de Dieu, le bien que l’on peut faire au prochain. Trouver la liberté au milieu et du sein de l’esclavage ». Nous voyons bien par conséquent que l’on ne peut pas séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

-       Le quatrième critère très important pour Anne-Marie Javouhey, c’est ce que Dieu inspire dans l’oraison, c’est l’intuition. « Tous les critères rationnels doivent être passés au crible de l’intuition. Se mettre sous la mouvance de l’Esprit si nous sommes inspirés par Dieu de continuer son œuvre comme il l’a commencée ou s’il a changé ses desseins ».

 (cf. Suzel Gerard, pages 56 à 59)

 

NOS  ECOLES

 

Mes chères sœurs religieuses de Cluny à La Réunion, dans le passé, votre effectif vous a permis de lancer, de soutenir et de réaliser de multiples œuvres dans différents champs d’apostolat de l’Eglise et de la société. La prise de parole de Sœur Egyptienne, votre provinciale, au début de cette eucharistie, a bien détaillé les initiatives et les réalisations que vous avez entreprises.  Dans les années 1960, grâce à votre effectif et à des générations successives de vocations vous avez développé une présence active dans vos écoles. Dans votre histoire, vous avez été missionnaires notamment à Madagascar et à Pondichéry. Aujourd’hui, avec un effectif réduit, vous exercez la tutelle sur vos écoles et sur le lycée général et le lycée agricole de Sainte-Suzanne.

 

En tant qu’évêque de La Réunion et au nom du diocèse, je vous remercie, chères sœurs, de la fidélité et de la persévérance de la Congrégation pour une mission qui s’enracine dans votre charisme clunisien. L’enseignement catholique à La Réunion compte sur vous « pour réenchanter l’école » avec Jésus-Christ qui est notre boussole en Humanité. Je souhaite de tout cœur que tous les partenaires de nos écoles clunisiennes s’engagent « sur une route de sainteté dans l’Eglise » pour qu’avec des talents divers, des compétences reconnues, des responsabilités partagées, tenues et validées, chaque école s’harmonise sur son idéal de mieux vivre ensemble comme une « communauté éducative ». Vous le faites déjà. Que Dieu vous donne la grâce de persévérer, de progresser encore plus, de rayonner. En effet, dans tous nos établissements scolaires,  il ne doit pas y avoir de compétitions de pouvoir entre les diverses instances de l’Enseignement Catholique, que ce soit dans un même établissement scolaire, sur un bassin géographique déterminé ou sur l’ensemble du diocèse.

 

Pour que nos écoles « réenchantent l’école », prenons en considération ce que dit Jacques Balmand, Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique : « Cela suppose que la priorité absolue soit toujours celle des enfants et des jeunes dans leurs diversités. Cela requiert le déploiement de pédagogie propice à la réussite de tous comme la mise en œuvre d’une organisation capable de répondre à cette diversité. Cela nécessite d’écouter les acteurs du système scolaire, d’entendre les parents, de faire place aux travaux des chercheurs. Cela demande beaucoup d’enthousiasme et beaucoup de générosité ».  (Contribution de l’Enseignement Catholique pour l’Ecole)

 

Certes, mes sœurs, vous êtes réduites en nombre et vous vous êtes internationalisées. Vos pauvretés deviennent richesse par l’accueil des différences. L’accueil des différences conduit à l’action de grâce, l’action de grâce conduit à l’abandon dans les mains de Dieu, l’abandon dans les mains de Dieu conduit à la confiance. Et puis, la famille clunisienne ne se ramène pas aux seules religieuses. Il y a les associés, les anciennes, les bienfaiteurs, les amis qui, de différentes manières, se dévouent et s’engagent pour que la mission de la Congrégation de Cluny tienne dans le temps et se développe en tenant compte des besoins, des aspirations de notre époque et des désirs des générations montantes. A tous ces laïcs bénévoles, j’adresse aussi les remerciements, les encouragements et la prière de tout le diocèse.

 

JEUNES   FILLES  …  INVENTEZ !

Chers amis, à vous tous, je souhaite un saint et joyeux bicentenaire de la présence à La Réunion des religieuses de la Congrégation de Saint Joseph de Cluny. Je pense évidemment  à la bienheureuse Anne-Marie Javouhey et à toutes les saintes religieuses de Saint-Joseph de Cluny qui jouissent déjà du bonheur de la Toussaint. A elles aussi – et surtout à elles – je dis le merci de l’Eglise qui est à La Réunion et je demande leur appui pour un appel à de nouvelles vocations. Je leur demande d’appeler des jeunes filles - et il y en a ici - qui se posent des questions sur le sens de leur vie. Comment réussir votre vie ? Comment vivre dans votre temps, notre temps… comme Nanette, qui était une jeune fille très enjouée, qui aimait plaire, danser et s’amuser ? Nanette qui priait si bien aussi et qui faisait prier. Comment vous donner à une grande cause, vous donner à Dieu, une cause qui soit pour votre joie, pour votre bonheur dans la gloire de Dieu et le service des autres.

 

Jeunes filles, il y a tellement à inventer. Il y a tellement à aimer que Dieu vous fait confiance pour vous conduire plus loin, pour vous conduire à la réussite de votre vie. Et si vous sentez l’appel à vivre une vie de religieuse d’une nouvelle manière que celle que vous voyez aujourd’hui et qui ne vous convient pas, alors inventez votre manière d’être religieuse. Inventez-la en accord avec l’Eglise, en accord avec une Congrégation qui accueillera votre projet. Devenez religieuses en devenant cosmonautes. Allez dans les étoiles et gardez les pieds sur terre. Devenez religieuses en devenant infirmières, médecins, universitaires, chercheuses, enseignantes, professeurs des écoles. Devenez visiteurs de malades, aumônières de prison ou d’hôpitaux, chauffeurs de poids lourds ou scaphandriers. L’horizon est ouvert. Le ciel est très haut, la terre est vaste et la mer est profonde. Il y a de la place pour tout le monde.

 

Mais surtout, n’oubliez pas chaque jour la prière au cœur à cœur avec Jésus, la Parole de Dieu partagée avec les autres. Et puis, au jour de la résurrection du Seigneur, le dimanche, il y a l’eucharistie, il y a la messe. C’est une source d’amour et d’énergie comme nulle autre. N’oubliez pas de « causer avec les autres ». Ce « causez avec les autres » d’Anne-Marie Javouhey, c’est ce qu’on appelle aujourd’hui le dialogue en équipes, les réflexions partagées, l’action à construire ensemble. A toi qui cherches, à toi aussi qui doutes, je dis merci. Mais sache que Dieu ne doute pas de toi. Il a confiance en toi. Alors continue. Demande à Nanette de t’aider et je le lui demande pour toi. Avance. Dieu t’aime. Avance. Est-ce que tu l’aimes ? Alors avance. « Viens et suis-moi » (Mt 19,21) te dit Jésus.

 

                                                             Monseigneur Gilbert AUBRY

 

                                                                   Evêque de La Réunion 

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HAITI... Avant... Après l'ouragan Mathew...

6 Novembre 2016, 17:53pm

Publié par cluny.re

Cette vue de l'espace est tellement évocatrice !

Cliquer puis glisser la photo dans tous les sens pour découvrir l'ampleur des dégâts...

HAITI... Avant... Après le cyclone Mathews...

 

L’ouragan Matthew, l’un des plus violents qu’aient connus les Caraïbes depuis une décennie, s’est abattu mardi 04 octobre 2016 sur Haïti, faisant plusieurs centaines de morts et des dégâts considérables au niveau des habitations et des infrastructures.

Les régions du sud et du sud-ouest ont été les plus impactées par l’ouragan Matthew : près de 80 % des habitations auraient été détruites, ainsi que la majorité des récoltes. La partie nord de la presqu’île a quant à elle été dévastée davantage par les pluies que par la violence des vents.
 

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Ecoutons François...

30 Octobre 2016, 16:50pm

Publié par cluny.re

 Relevé dans Aleteia

Quand François raconte l’histoire de la femme, du taxi et du migrant qui sentait mauvais

 

Comme souvent, le Pape conclut en laissant pèlerins et fidèles méditer sur une de ces anecdotes dont lui seul a le secret : l’histoire d’une femme qui trouve un réfugié sur son chemin – elle est arménienne d’origine et connait les souffrances du migrant, son peuple ayant lui-même souffert la douleur de l’exode – le réfugié cherchant la place Saint-Pierre pour passer la Porte Sainte. La femme veut l’accompagner mais se rend compte qu’il est pieds nus. Alors elle appelle un taxi. Mais le chauffeur du taxi, gêné par l’odeur du migrant, est à deux doigts de refuser qu’il monte, puis, il se ravise et les prend en charge. La femme demande au réfugié de lui parler de sa vie. Arrivés à destination, la femme veut payer la course mais le chauffeur refuse. Il avait tout entendu. Il lui dit : « Non, c’est moi qui devrais vous payer, car ce que j’ai entendu a changé mon coeur ».

« Chers frères et sœurs, oui pas d’échappatoire possible face à un frère dans le besoin ! », a exhorté le Saint-Père en s’adressant aux pèlerins de langue arabe. « Ceux qui ont expérimenté dans leur vie la miséricorde du Père ne peuvent rester insensibles (…) Soyons des créatifs de la charité afin que la miséricorde devienne un chemin vraiment concret », a-t-il encouragé.

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On ne peut être heureux sans les autres

19 Octobre 2016, 08:36am

Publié par cluny.re

Relevé sur Coopbelsud...

 

Une phrase de l'abbé Pierre m'a profondément marqué:"On ne peut être heureux sans les autres."  On ne peut en effet être heureux sans une relation aimante à d'autres êtres humains. 

On ne peut être heureux sans les autres


Mais plus profondément, le fondateur d'Emmaüs voulait dire qu'on ne peut être pleinement heureux en sachant que tant d'êtres sont dans le malheur sans rien faire pour les aider. 

Bien sûr, aucun humain ne peut porter toute la souffrance du monde sur ses épaules, mais le fait d'être attentif à ceux qui souffrent et que le destin met sur notre route, d'accomplir ce qu'on peut à notre niveau pour participer au recul de la souffrance et à l'avènement d'un monde meilleur ouvre notre cœur et ne cesse de l'agrandir.

 Frédéric Lenoir (Petit traité de vie intérieure)

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Haïti, encore dévastée !

8 Octobre 2016, 18:24pm

Publié par cluny.re

     (Variations, St Preux)

 

Relevées dans Reuters, nous partageons ces photos incroyables, suite au passage dévastateur du cyclone Matthews...

 

Au soir du 08 octobre sont dénombrées plus de 400 victimes !

Nous essayons de contacter nos Soeurs afin d'avoir des nouvelles précises et les publierons dès que possible.

 

 

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